TikTok aurait trouvé un moyen de rester en ligne aux États-Unis. La société a annoncé à la fin de la semaine dernière avoir créé une coentreprise financée en grande partie par des investisseurs américains. Vendredi, TikTok a annoncé la création de TikTokUSDS Joint Venture LLC dans le cadre d'un accord évalué à environ 14 milliards de dollars, lui permettant ainsi de poursuivre ses activités dans le pays.
C'est l'aboutissement d'un long conflit entre TikTok et les autorités américaines. En 2019, le Comité sur les investissements étrangers aux États-Unis (CFIUS) a signalé l'acquisition de Musical.ly par ByteDance en 2017 comme un risque pour la sécurité nationale, au motif que les liens entre l'État et le propriétaire chinois de l'application mettraient en danger les données des utilisateurs américains.
Au cours de son premier mandat, le président Trump a publié un décret exigeant que ByteDance vende son entreprise sous peine d'être interdite. Ce décret a été bloqué par les tribunaux, et le président Biden l'a ensuite remplacé par un processus d'examen plus large en 2021.
En avril 2024, le Congrès a adopté la loi PAFACA (Protecting Americans from Foreign Adversary Controlled Applications Act), que Biden a promulguée. Celle-ci fixait au 19 janvier 2025 la date limite à laquelle ByteDance devait céder ses activités sous peine d'être interdit à l'échelle nationale. Aucun accord n'ayant été conclu, TikTok a volontairement cessé ses activités pendant environ 12 heures le 18 janvier 2025. Trump a ensuite publié des décrets prolongeant le délai, aboutissant à un accord en septembre 2025 qui a conduit à la création de la coentreprise.
Trois investisseurs gestionnaires détiennent chacun 15 % de la nouvelle entreprise : le géant des bases de données Oracle (qui avait déjà tenté d'acquérir TikTok lorsque ByteDance avait été contraint de céder ses activités), le groupe d'investissement technologique Silver Lake et la société d'investissement MGX, spécialisée dans l'intelligence artificielle et soutenue par les Émirats arabes unis.
Parmi les autres investisseurs figurent le family office de l'entrepreneur technologique Michael Dell, ainsi que Vastmere Strategic Investments, Alpha Wave Partners, Revolution, Merritt Way et Via Nova.
Le propriétaire initial, ByteDance, conserve 19,9 % de l'entreprise et, selon une note interne publiée avant l'annonce officielle de la transaction, 30 % de la société sera détenue par des filiales des investisseurs actuels de ByteDance. Et ce, malgré le fait que la PAFACA ait exigé la séparation complète de TikTok aux États-Unis de son propriétaire chinois.
L'accent mis sur la sécurité
La société tient à promouvoir la sécurité des données pour ses utilisateurs. Dans cette optique, Oracle endosse le rôle de « partenaire de sécurité de confiance » pour la protection des données et l'audit de conformité dans le cadre de cet accord.
Oracle devrait également stocker les données des utilisateurs américains dans son environnement cloud. Le programme serait conforme aux cadres de sécurité, notamment celui du National Institute of Standards and Technology (NIST) Cybersecurity Framework. D'autres applications appartenant à TikTok, telles que CapCut et Lemon8, seront également couvertes par le dispositif de sécurité de la coentreprise.
Les tensions autour de TikTok au Canada
Ce fut un mois chargé pour ByteDance, avec d'autres développements au nord de la frontière. La semaine dernière, la Cour fédérale du Canada a annulé une ordonnance gouvernementale de novembre 2024 visant à fermer les activités canadiennes de TikTok pour des raisons de sécurité nationale. Cette décision donne à la ministre de l'Industrie, Mélanie Joly, le temps d'examiner le dossier.
Pourquoi est-ce important ?
La nouvelle coentreprise américaine de TikTok réduit le risque d'accès direct des étrangers aux données des utilisateurs américains, mais elle n'efface pas toutes les préoccupations qui ont valu à l'application d'être dans le collimateur des régulateurs. ByteDance conserve toujours une participation économique, l'algorithme de recommandation reste largement opaque et la surveillance repose sur des audits et des mesures coercitives plutôt que sur une séparation technique stricte.
En d'autres termes, cet accord réduit l'exposition, mais ne fait pas de TikTok une plateforme sans risque. Pour les utilisateurs, cela signifie que les mêmes règles de bon sens s'appliquent toujours : réfléchissez bien à ce que vous partagez et n'oubliez pas que l'approbation réglementaire n'est pas synonyme de sécurité totale des données.
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